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On peut reprendre à son égard cette citation de Stendhal : "La vocation, c'est d'avoir pour métier sa passion". Acteur au grand talent, doublé d'un intellectuel polyglotte, Mohamed Nadif est l'exemple de l'artiste dégagé qui scrute la vie avec recul et force intelligence. Il se prépare à entamer un nouveau tournant dans sa carrière professionnelle, en réalisant son premier long-métrage. "Une comédie à l'italienne", comme il la définit lui-même. Ses explications.
Espace TV : Après plusieurs années de pratique, quel regard portez-vous sur le cinéma marocain ?
Mohamed Nadif : Le cinéma marocain se porte de mieux en mieux grâce à une volonté politique, une bonne collaboration entre le Centre cinématographique marocain et les professionnels et, bien sûr, le Fonds d’aide. Il y a vingt ans, le Maroc produisait en moyenne trois films par an et, souvent, il fallait supplier les salles de cinéma pour passer une production marocaine. Maintenant, on produit une quinzaine de long-métrages par an et nos films drainent un grand public. Mais, la preuve de cette émergence est aussi la diversité des sujets traités, la qualité qui se dégage de cette quantité et le nombre de films sélectionnés ou primés dans des festivals internationaux, sans oublier le nombre de festivals qui tirent nos artistes vers le haut et qui ont une véritable identité. Le problème reste, toutefois, la distribution et la diffusion du film marocain.
On dit que l'art ne nourrit pas son homme. Partagez-vous cet "avis" ?
Moi, je dirais que l’art nourrit l’homme spirituellement, et ça c’est déjà cher payé. Après, il faut voir ce que l’artiste recherche dans son art. Si c’est le gain matériel uniquement, il se trompe de porte. En tout cas, ce n’est pas donné de faire de sa passion son métier. Il faut beau¬coup de travail, de la rigueur et beaucoup de patience.
Etait-ce facile pour vous de passer de l'interprétation à la réalisation ?
Je crois que ma formation de comédien et mon parcours d’acteur et de metteur en scène de théâtre m’ont beaucoup aidé à franchir le pas et entamer ma première expérience de réalisation. Je peux confirmer que ce n’est pas facile. S’occuper de l’interprétation d’un personnage n’est pas la même chose que d’orchestrer toute une création. Mais, si on a un projet à défendre, une volonté de le réussir et de le faire partager avec le public, il n’y a pas de raison de ne pas s’aventurer.
Comment parvenez-vous à être à la fois devant et derrière la caméra ?
C’est un exercice très intéressant. J’ai déjà joué dans toutes mes mises en scène de théâtre. Donc, j’ai déjà vécu ce rapport acteur/directeur. Mais pour y arriver dans le cinéma, il faut une bonne préparation avant le premier coup de manivelle et une équipe technique et artistique très complice. En plus, avec la vidéo, il y a la possibilité de visionner la répétition d’une scène avant de la tourner.
"Andalousie, mon amour !" est votre premier long-métrage. Si vous nous en parliez ?
Trouver aujourd’hui une idée originale qui fera un film n’est pas une chose facile. "Andalousie, mon amour !" est d’abord le fruit d’une bonne rencontre avec Omar Saghi, un jeune scénariste vivant à Paris. Il m’a fait lire le premier jet d’un scénario qui m’a beaucoup séduit et nous l’avons développé ensemble pour en faire une comédie qui traite d’une façon singulière et intelligente le problème de l’immigration clandestine. Il s’agit, brièvement, d’un maire, au nord du Maroc, qui isole une plage déserte, intercepte des barques de clandestins et leur fait croire qu’ils sont en Espagne. Il les fait travailler pour son propre compte et se fait passer, ainsi que ses complices, pour des Espagnols. Mais un jour, quelques clandestins décident de quitter leurs baraquements et d’aller régulariser leur situation au premier village espagnol venu…
Sachant que le problème de l'immigration clandestine est longuement débattu et souvent traité, ne craignez-vous pas de tomber dans la redondance ?
Pendant l’écriture du scénario, nous étions conscients, Omar et moi, que le sujet est plusieurs fois débattu dans le cinéma marocain. C’est pour cela que nous avons choisi comme genre la comédie. Ceci me permet de faire un travail à la fois grave et cocasse proche de la comédie à l’italienne. Une comédie qui se base sur une escroquerie odieuse, à l’exemple d’Underground d’Emir Kusturica, ce réalisateur que j’admire beaucoup et à qui le Festival International du Film de Marrakech rend hommage cette année.
C'est pour quand le premier coup de manivelle ?
Ce sera pour l’été 2010.
D'autres projets ?
Franchement, toute ma tête est dans la préparation de mon film. En revanche, pour me reposer, en quelque sorte, je développe un scénario de long-métrage avec la comédienne Asmâa El Hadrami, et je prépare, doucement, une création théâtrale, à grande distribution, pour l’année 2011, inchallah.
Mohamed Nadif : Le cinéma marocain se porte de mieux en mieux grâce à une volonté politique, une bonne collaboration entre le Centre cinématographique marocain et les professionnels et, bien sûr, le Fonds d’aide. Il y a vingt ans, le Maroc produisait en moyenne trois films par an et, souvent, il fallait supplier les salles de cinéma pour passer une production marocaine. Maintenant, on produit une quinzaine de long-métrages par an et nos films drainent un grand public. Mais, la preuve de cette émergence est aussi la diversité des sujets traités, la qualité qui se dégage de cette quantité et le nombre de films sélectionnés ou primés dans des festivals internationaux, sans oublier le nombre de festivals qui tirent nos artistes vers le haut et qui ont une véritable identité. Le problème reste, toutefois, la distribution et la diffusion du film marocain.
On dit que l'art ne nourrit pas son homme. Partagez-vous cet "avis" ?
Moi, je dirais que l’art nourrit l’homme spirituellement, et ça c’est déjà cher payé. Après, il faut voir ce que l’artiste recherche dans son art. Si c’est le gain matériel uniquement, il se trompe de porte. En tout cas, ce n’est pas donné de faire de sa passion son métier. Il faut beau¬coup de travail, de la rigueur et beaucoup de patience.
Etait-ce facile pour vous de passer de l'interprétation à la réalisation ?
Je crois que ma formation de comédien et mon parcours d’acteur et de metteur en scène de théâtre m’ont beaucoup aidé à franchir le pas et entamer ma première expérience de réalisation. Je peux confirmer que ce n’est pas facile. S’occuper de l’interprétation d’un personnage n’est pas la même chose que d’orchestrer toute une création. Mais, si on a un projet à défendre, une volonté de le réussir et de le faire partager avec le public, il n’y a pas de raison de ne pas s’aventurer.
Comment parvenez-vous à être à la fois devant et derrière la caméra ?
C’est un exercice très intéressant. J’ai déjà joué dans toutes mes mises en scène de théâtre. Donc, j’ai déjà vécu ce rapport acteur/directeur. Mais pour y arriver dans le cinéma, il faut une bonne préparation avant le premier coup de manivelle et une équipe technique et artistique très complice. En plus, avec la vidéo, il y a la possibilité de visionner la répétition d’une scène avant de la tourner.
"Andalousie, mon amour !" est votre premier long-métrage. Si vous nous en parliez ?
Trouver aujourd’hui une idée originale qui fera un film n’est pas une chose facile. "Andalousie, mon amour !" est d’abord le fruit d’une bonne rencontre avec Omar Saghi, un jeune scénariste vivant à Paris. Il m’a fait lire le premier jet d’un scénario qui m’a beaucoup séduit et nous l’avons développé ensemble pour en faire une comédie qui traite d’une façon singulière et intelligente le problème de l’immigration clandestine. Il s’agit, brièvement, d’un maire, au nord du Maroc, qui isole une plage déserte, intercepte des barques de clandestins et leur fait croire qu’ils sont en Espagne. Il les fait travailler pour son propre compte et se fait passer, ainsi que ses complices, pour des Espagnols. Mais un jour, quelques clandestins décident de quitter leurs baraquements et d’aller régulariser leur situation au premier village espagnol venu…
Sachant que le problème de l'immigration clandestine est longuement débattu et souvent traité, ne craignez-vous pas de tomber dans la redondance ?
Pendant l’écriture du scénario, nous étions conscients, Omar et moi, que le sujet est plusieurs fois débattu dans le cinéma marocain. C’est pour cela que nous avons choisi comme genre la comédie. Ceci me permet de faire un travail à la fois grave et cocasse proche de la comédie à l’italienne. Une comédie qui se base sur une escroquerie odieuse, à l’exemple d’Underground d’Emir Kusturica, ce réalisateur que j’admire beaucoup et à qui le Festival International du Film de Marrakech rend hommage cette année.
C'est pour quand le premier coup de manivelle ?
Ce sera pour l’été 2010.
D'autres projets ?
Franchement, toute ma tête est dans la préparation de mon film. En revanche, pour me reposer, en quelque sorte, je développe un scénario de long-métrage avec la comédienne Asmâa El Hadrami, et je prépare, doucement, une création théâtrale, à grande distribution, pour l’année 2011, inchallah.
Interview sur Espace TV.pdf
(61.56 Ko)
Rédigé par Propos recueillis par Abdelkader EL-AINE le Mardi 10 Novembre 2009 à 19:16
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Le Blog officiel de l'artiste marocain Mohamed NADIF - mednadif(at)yahoo.fr







